Antigone, monologue clownesque

  

       ANTIGONE, monologue clownesque

                                       Création en 2007




Symbole de la rébellion, condamnée à mort pour avoir enterré son frère Polynice malgré les ordres du roi Créon, Antigone a toujours sa robe noire, mais son gros nez est rouge, ses cheveux ébouriffés, et sa bouche bien trop large.
Sous la terre noire de Thèbes, c’est une piste de cirque qu’on aperçoit.
Antigone est triste mais enragée.
C’est normal, son frère est mort et c’est aujourd’hui qu’elle va l’enterrer.
Tout est prêt, elle a même fabriqué un cercueil.
Alors à coup de peinture , de cheval de cirque, et de chocolat, Antigone se débat, s’insurge, et fait de ces funérailles un grand carnaval innocent, hirsute et exalté.


Antigone est une figure rebelle, qui s’insurge contre la loi de la Cité.
Elle a inspiré de nombreux dramaturges comme Sophocle et Anouilh.
Le clown et Antigone sont frère et sœur, ils ont chacun choisi de suivre leur loi propre en marge de la Cité.
Leur existence a la couleur de l’effroi : Antigone fait face à la mort et le clown fait face au rire.
Ce sont deux figures poétiques et sacrifiées.

 

 

"Un enterrement c’est pas drôle, mais  j’y peux rien.

Quand la mort est là, il faut bien se retrousser les manches et faire c’qu’il y a à faire….

C’est pas ma sœur qui va m’aider, elle est trop belle, ça risquerait de lui casser un ongle…

Mon oncle Créon a dit : peine de mort pour celui qui enterre Polynice !

Mon oncle c’est le Roi, t’imagines la tragédie….

Dans ma famille, c’est comme ça… ça se termine toujours en jus d’boudin…

Mais puisque t’es là, tu verras, le cercueil….  je l’ai fabriqué moi-même !

et si y m’reste du chocolat, t’en auras peut-être un bout".

Signé :  Antigone

 

 

 

 

ANTIGONE, monologue clownesque

                                                             Interprété par Adèll Nodé-Langlois

                                                       Ecrit par Adèll Nodé-Langlois et Sophie Buis

                                                                 Mise en scène : Sophie Buis

                                                             Regard complice : Mads Rosenbeck                                             

                                                    Régie générale, son et lumières : Dorothée Lebrun                                                      

                                                        Administration : Marie Munch -  cie Atelier 29

                                                                        Diffusion : cie Atelier 29

                                                                            Musique : De Kift

                                         Costumes et accessoires : Charlotte Pareja - ateliers bonne taille

 

 

 

                                     création en mars 2007 au Manège de Reims, scène nationale

 

 

 

 

Partenaires du projet

Ministère de la culture D.M.D.T.S

DRAC Bourgogne 
Conseil régional de Bourgogne

Avec le soutien du Manège de Reims 
Et du cirque Trottola.

Remerciements au château de Monthelon (Ueli Hirzel) et au Prato (théatre international de quartier, à Lille)

 

 

 

 

 

 

 Sophie BUIS

Comédienne, metteur en scène 

Sophie Buis est diplomée de l’ENSATT (93), après avoir obtenu une maîtrise d’études théâtrales (92). Elle continue sa formation auprès de Philippe Minyana, Guy Alloucherie, Jean-michel Rabeux. 

Depuis Sophie a travaillé sous la direction de Jacques Kraemer dans « Extérieur vie » en 93, en 95 avec la compagnie Eclat immédiat et durable sur « Cagettes et poules ». En 96 elle joue dans « Nina, c’est autre chose », dirigée par Jean Dalvel. En 2002 et 2003, Jean-michel Rabeux la dirige dans « Déshabillages », puis dans « Ne te promène donc pas toute nue ». En 2004 elle a travaillé avec Sylvain Maurice sur « Peer Gunt » et François Wastiaux sur « Labo lube ». 

Elle a mis en scène « Quand je serais une autre » (97), et « Flon-flons » (99) dont elle est l’auteur, « La mécanique des femmes » (2001) de Louis Calaferte, et « Tango, mi amor(t) » (2004). En 2005-2006, elle entame une collaboration avec Olivier Tchang-tchong, elle répète actuellement « Le chant de l’agneau, monologue pour une actrice » écrit et mis en scène par Olivier. 

Au cinéma, elle a tourné sous la direction de Stratis Vouyoucas, Sylvain Monod, Nathalie Donini et Jérome Bonnel.

 

 

 

 

 

"Mouvement.net" mars 2008

 

Des clowns au bord de l’implosion

Les nouveaux clowns

 

date de publication : 13/03/2008 // 8732 signes

 

Les clowns des années deux mille ont pour nom Boudu, Ludor Citrik, Jackie Star ou encore Antigone. Tous singuliers, avec ou sans nez rouge, ces personnages appartiennent à la même famille recomposée, celle des êtres hors de toute normes, qui jouent avec la souffrance, la folie et la mort, tout en trimbalant une imparable pulsion de vie.

 

Depuis quelques années, on voit s’épanouir sur les planches une nouvelle tribu de clowns, tragiques, organiques, corrosifs. Enfants sauvages du clown élisabéthain et de l’auguste de piste, ces personnages détonants échappent à toute étiquette. Si, comme le souligne Thierry Voisin dans le dossier du magazine Stradda consacré au sujet(1), la tentation est là de parler de clown « nouveau », le risque est grand de créer une énième catégorie. D’une part parce qu’à vouloir enfermer ces auteurs-interprètes clownesques dans une seule petite case, on détruit ce qui fait la force de ce courant artistique : sa multiplicité. Ensuite parce que ces êtres insaisissables qui « échappent à toute nomenclature » sont chacun le fruit d’un engagement personnel total.

 

Les personnages créés par Cédric Paga ou Charlotte Saliou, par Bonaventure Gacon ou Adèll Nodé-Langlois sont uniques. Ils sont comme des masques faits de chair et d’énergie, sculptés avec le temps par celui qui le porte, et en perpétuel mouvement.

Derrière le fard ou le nez rouge, nous assistons à la mise à nu d’un être, en proie à des pulsions contradictoires, destructrices ou créatrices ; à des états d’âmes complexes, dérisoires ou existentiels, qui agitent tout le corps. Car ces clowns de la nouvelle génération accordent dans leur partition une place centrale au langage corporel. Leurs corps, exubérants ou massifs, souvent frénétiques, sont comme une fenêtre grande ouverte sur la conscience des personnages. « Ce sont les dernières bêtes de scène », résume André Riot-Sarcey, pédagogue et metteur en scène de la compagnie Les Nouveaux Nez(2). Et des bêtes comiques avec ça, car leur appétit pour le public est bel et bien là. Le rire s’empare de nous par surprise et nous fait entrer dans un cercle d’humanité, car rire de ces individus grotesques, fragiles ou simplement bêtes, c’est finalement accepter de nous regarder nous-même. Autant le dire, ce rire est à mille lieux du rire cynique et conformiste déclenché par les comiques cathodiques. Comme les tricksters des contes, ces sorciers archaïques à la fois idiots et géniaux, puissants et maladroits, reliés aux racines du monde et de l’enfance, ces clowns d’aujourd’hui perturbent nos repères. Avec eux, laideur et beauté, jubilation et tragique, vie et mort cohabitent en un seul point.(...) 

 

Avec Antigone d’Adèll Nodé-Langlois – l’une des dernières nées : elle est apparue sur les planches en 2007–, nous sommes au cœur du tragique, sur le fil entre la vie et la mort. C’est d’un enterrement qu’il s’agit : Antigone, nez écarlate, cheveux hirsutes et regard poignant, procède aux rituels de mise pour inhumer Polynice. Elle peut repeindre la vie en blanc et jouer une mélodie sur son bandonéon, elle sait que tout est joué d’avance : au bout de son destin maudit il n’y a que la mort. Mais le clown n’habite que le présent. Alors, au centre du cercle de terre, avec toute la vie possible, les doigts dans la matière organique, elle embellit la mort, et danse sur sa propre tombe. Le rire nous traverse, mais ce que l’on retient c’est sa lucidité brûlante et sa sensibilité à vif qui lui donne épaisseur humaine qui noue la gorge.

 

 

(...) Pour Giovanna d’Ettore qui, elle-même, pratique cet art, le clown est impossible à définir : « Il est à la fois trivial et métaphysique. Là, est le vertige. Il est dans l’abstraction totale et en même temps il est extraordinairement concret. Il est simplement une métaphore de l’humain. » Cela voudrait dire quelque part que nous avons les clowns que l’on mérite… Alors si, parmi la nouvelle génération, les clowns sont aussi nombreux à nous envoyer une si grande férocité, c’est peut-être pour répondre à la violence du temps présent – c’est ce que pense Alain Gautré, homme de théâtre et spécialiste du clown : « On peut avoir l’impression que le clown tend vers une dimension bouffonne, comme si notre époque était devenue moins sensible à la fragilité du clown, et qu’il fallait à ce dernier, pour faire entendre son humanité, être dans l’excès et une certaine violence. »(3) Comme si seul un corps tonitruant pouvait couvrir le vacarme ambiant pour faire entendre un cri d’amour.

 

Naly Gérard 

 

 

 

Comment ? Qui ? Un clown qui joue Antigone ! Mais ne respectent-ils plus rien à Pronomade(s) ? Connaissent-ils au moins Sophocle… ?

Rassurez-vous, et Sophocle, et Anouilh… car quels que soient les contextes, sous l’Antiquité ou l’Occupation, le devoir de résistance aux lois iniques, aux situations injustes, aux conservatismes de toutes natures est à rappeler !

Et qui mieux qu’un clown pouvait se permettre de bousculer un tel récit, sans respect, et interpréter avec décalage cette figure rebelle d’Antigone qui se dresse contre l’autorité et le pouvoir ?

Alors nous avons été séduits par cette proposition d’adèll Nodé-Langlois, un clown hors norme, (d)étonnant, corrosif, pertinent et attachant. Son personnage de clown fardé, cheveux hirsutes, regard poignant et nez plus écarlate que rouge, nous convie à un enterrement, celui de Polynice, son frère…

Cette Antigone jongle habilement entre la vie et la mort, entre le rire et la gorge nouée. A peine esquissons-nous un sourire, que notre héroïne en socquettes blanches nous lance un très lucide « un enterrement c’est pas drôle, mais j’y peux rien » et nous déconcerte avec un « mais, tu verras, le cercueil je l’ai fabriqué moi-même ! et si y m’reste du chocolat, t’en auras peut-être un bout ».

Alors qu’Antigone fait face à la mort, le clown fait face au rire… un glissement possible quand on sait combien un rire peut cacher tant de détresse et de désespérance…

Adèll Nodé-Langlois fait partie de ce que l’on appelle les « clowns-nouveaux » : une nouvelle tribu de clowns, tragiques, corrosifs et (d)étonnants. A la création du cirque Pochéros en 1993, elle parcourt les routes à l’occasion des tournées des différents spectacles auxquels elle participe (Cirque d’images, La Maison Autre, Entre chien et loupCirKoba). Elle collaborera aussi avec le Cirque plume, Les arts sauts ou Cahin-caha avant de s’ouvrir à une approche plus théâtrale et clownesque (formation d’acteur-clown au CNAC), grâce, entre autres, à guy Alloucherie, paul-andré Sagel ou gilles Defacque. Antigone, mis en scène par sophie Buis, est le premier spectacle solo d’adèll Nodé-Langlois. (www.cirquepocheros.com et www.antigone-clown.com)

 Aspet -  Pronomades – 27 mai 2009

 

 

 

 

 

A la fois farouche et mordante, Adèll Nodé-Langlois fait partie d'une nouvelle génération de clowns. Vêtue d'une petite robe noire, les cheveux en bataille, elle entre en scène, traînant derrière elle un cercueil. C'est bien elle, Antigone, cette jeune fille révoltée qui n'a peur de rien, même pas de son oncle, le roi Créon. C'est bien elle, celle qui viole la loi pour l'honneur de son frère, pour qu'il ait juste droit à un enterrement convenable.

Au pays des nez rouges, elle embarque sa famille sur une piste de cirque où, à coups de peinture et de chocolat, elle crie sa rage et se bat contre l'injustice. Avec son air hirsute, sa mine triste et désopilante, elle s'empare seule de la scène. Son énergie passionnelle et sa sensibilité à fleur de peau donnent à cet enterrement les allures d'un carnaval où tout vole en éclats, sauf l'amour.

Festival "Cirque et Entresorts"  Théatre d'Arles   14 octobre 2009

 

 

 

 

FICHE TECHNIQUE 
       « Antigone, monologue clownesque"
 


Durée du spectacle : une heure 
Jauge maximum tout public : 300 personnes (frontal) 


Ce spectacle ne convient pas aux enfants de moins de sept ans. 

Temps de montage 

la veille de la représentation, fin d’après midi : arrivée de deux personnes, 1 artiste & 1 régisseur 
le matin du spectacle, de 9h à 13h : installation décor, lumière. 
l’après midi, de 14h à 18h: réglage lumières et répétitions 
à partir de 20 h, selon l’horaire prévu: spectacle puis démontage 
le lendemain en matinée : départ. 


La salle doit être exclusivement réservée à l’artiste et son régisseur. 

Prise en charge directe par l’organisateur pour ces deux personnes et en fonction de ce planning, des repas et de deux chambres. 


A fournir par l’organisateur : 

plateau 
plateau noir de 8mX8m minimum, boite noire à l’italienne. 

lumière
 
10 PAR 64 (ampoules 61 et 62 suivant distance)
7 PC 1KW 

son
 
lecteur CD avec auto pose 
diffusion en salle 

Planning technique 

1 service de montage + 1 service de répétition + jeu + 
1 service de démontage (4 h par service) 

Personnel 

Pour le déchargement et le montage : 
3 personnes dont un éclairagiste et un sonorisateur 
En jeu : 1 personne 
Pour le démontage et le chargement : 
2 personnes 

loge 

une loge chauffée fermant à clé avec miroir, douche et point d’eau, à proximité de l’espace de jeu.

 

 

 

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