"Antigone's not dead"

 

 

 

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                           photo Delphine Lanson

 

 

 Antigone's not dead 

Monologue clownesque pour antichambre funeste

 

                                                                                                   Création prévue été 2018

 

 

De et par Adèll Nodé-Langlois

Mise en scène et collaboration à l'écriture : Delphine Lanson

Création sonore, beat box et machines : Michaël Santos

Durée : environ 1 heure

Tout public

 

 

 

 

 

Atelier 29 / Adèll Nodé-Langlois

                                                                    adellnodelanglois@yahoo.fr                                          www.atelier29.org

                                                                     Administration : Marie Munch                                 mariemunch@noos.fr

 

 

 

 

Ô tombe, ô chambre nuptiale, ô souterrain

Séjour d’une captive éternelle, mon chemin vers vous

Me mène vers les miens, qui sont si nombreux chez les morts,

Accueillis déjà, presque tous, par Perséphone, puisqu’ils ne sont plus.

Je suis la dernière d’entre eux à descendre, et de la façon de loin

La pire, puisque c’est avant d’avoir accompli le lot de ma vie.

 

ANTIGONE

Quatrième épisode (vers 801-943)

Sophocle

 

 

Antigone 2                               photo Delphine Lanson

 

 

 

Synopsis

Antigone vient d’être condamnée par le roi Créon à être emmurée, vierge,

avec juste de quoi se nourrir, pour avoir défier la loi de Thèbes en enterrant son

frère, Polynice.

Au désespoir, dans cette antichambre des enfers, avec pour seule compagnie, une

guitare électrique, le journal intime qu’elle a volé à sa soeur et une corbeille de

fruits.

Antigone va tenter de se donner la mort pour échapper à son triste sort.

Mais ce n’est pas si facile d’en finir. Surtout quand on est clowne.

Que va-t-elle donc pouvoir faire de cette éternité qui s’offre à elle?

En lisant ce que sa soeur, Ismène, a écrit sur son compte, Antigone n’a plus du

tout envie de mourir, encore moins vierge.

« Some (wo)men are destined never to leave Alcatraz... »

Antigone se souvient qu’une petite cuillère a suffi à Clint Eastwood pour creuser un

tunnel et s’enfuir de la prison d’Alcatraz.

Tout est encore possible.

Elle entreprend de s’échapper de son tombeau pour rompre avec la Tragédie.

La quête d’Antigone se transforme en un road trip pop et mythologique, une

remontée mythique vers la surface, sur fond de guitare électrique.

 

Antigone 3                           photo Delphine Lanson

                                            

 

Note d’intention 

 

La pièce « Antigone » d’Anouilh commence quand Antigone retrouve sa nourrice

au petit matin, que celle-ci lui demande d’où elle vient, si tôt le matin, et pourquoi

ses ongles sont noirs.

« Antigone, monologue clownesque », créé en 2007, au Manège de Reims, invente

ce moment de solitude d’Antigone, juste avant l’aube, aux portes de Thèbes, pour

recouvrir de terre le cadavre de son frère, Polynice. Un « prologue » à la pièce

d’Anouilh qui termine par la mort d’Antigone.

Cette tragédie revisitée en clown affirme les liens étroits qui unissent la comédie

et la tragédie. Du rire aux larmes, il n’y a qu’un pas. Un pas audacieux, qu’Antigone

clowne franchit avec élan. Un pas pour découvrir de nouveaux territoires d’exploration

clownesque entre le cirque et le théâtre.

Antigone, la rebelle, suit son coeur, sa loyauté pour son frère, et son respect des

rituels funéraires, au prix de sa propre vie. Elle clame sa douleur face à cette injustice,

mais également son amour de la vie et sa folie irrésistible. Elle brave la loi du

roi Créon et se sacrifie pour que l’âme de son frère repose en paix.

Dix ans après, l’envie est de revenir à l’origine d’Antigone : la tragédie écrite par

Sophocle en 442 av JC. Et de pouvoir éprouver un langage tragique, à priori loin du

clown. Au contraire, se délecter de cette langue et puiser dans la même intensité, le

même effroi, pour faire naître le rire.

Et cette fois-ci, d’inventer un « épilogue » à la pièce de Sophocle.

Car si Anouilh termine sa pièce par la mort d’Antigone, puisqu’elle se pend avec

sa propre ceinture. Sophocle, lui, laisse Antigone emmurée, écartée du monde pour

toujours, mais vivante.

L’amour comme révolte contre l’ordre établi.

Le rire comme pied de nez à la mort.

 

CRÉON :

Je vais la conduire là-bas où le sentier est déserté des mortels,

Et l’enfermer vivante dans un souterrain de pierres ;

Je lui mettrai juste la nourriture qu’il faut pour échapper au sacrilège –

Que la cité reste à l’abri de toute contamination.

 

Antigone, emmurée pour toujours mais vivante, trouvera-t-elle une autre issue ?

À l’endroit de la férocité, l’humour, le rire pour échapper aux grandes dents de

Chronos, ne pas être avalé par le Chaos originel.

Trouver un ordre dans tout ça, le sien.

Il s’agit donc de continuer d’explorer les liens entre le Clown et la Tragédie, de revisiter

la révolte d’Antigone.

Que connaîtra de la vie cette jeune femme à l’aube de son existence ?

 

Axes de travail

 

Le texte, la tragédie

 

L’utilisation de parties du texte originel de Sophocle, le plaisir de dire la tragédie

si vivante et vibrante, en clowne. Mais aussi l’utilisation d’autres textes, comme

« Ismène » de Yannis Ritsos. Ou bien d’écritures personnelles, textes ou chansons.

Et puis les mots improvisés, en direct, suivant ce qui se tisse avec le public.

Antigone explore les méandres de son coeur, et l’offre.

La Tragédie comme un coeur qui se déchire, s’ouvre et devient plus grand.

 

 

Antigone 4                      photo Delphine Lanson

                              

 

Le féminin

 

 

Ismène et Antigone, les deux soeurs sont comme un miroir en opposition. Antigone,

la brune, la révoltée, le garçon manqué, et sa soeur, la douce, blonde et féminine,

 

Ismène :

« Ma soeur, c’était comme si

elle avait eu honte d’être une femme.

C’était peut-être cela son malheur.

Et c’est peut-être pour cela qu’elle est morte.

Chacun de nous voudrait, sans doute,

être autre chose que ce qu’il est. (…).

La destinée, comme on dit, nous retient

prisonnier dans le cercle de l’impossible,

(…)

Ma soeur, elle, refusait tout conseil,

toute concession – inflexible et désespérée. »

(« Ismène » de Yannis Ritsos »)

 

Mais au-delà de ces deux féminités, il y a aussi toutes les dimensions représentées

par les déesses de la mythologie grecque, la famille d’Antigone : Aphrodite la

sensuelle, Athéna la guerrière, Héra la femme de maison, Perséphone la reine des

Enfers, Déméter la femme nature. Permettre à Antigone d’élargir la représentation

de la femme, s’amuser avec les limites de la transgression.

 

 

Antigone 5photo Delphine Lanson

 

Rompre avec la Tragédie,la révolte

 

Encore vierge, Antigone découvre les joies de la sensualité et reprend goût à la

vie. La quasi nudité d’une clowne comme un geste de libération, de révolte. Un

clin d’oeil aux Femen. Un corps blanc qui peut évoquer les statues grecques de

l’Antiquité, et aussi le corps-cadavérique ou fantôme avant de retrouver la vie (les

couleurs jetées sur le blanc).

Comment évoquer la libération d’Antigone, sa révolte.

Une Antigone qui prend des allures de Janis Joplin.

 

La guitare électrique

 

Antigone chante son désespoir, sa révolte, ses cris et ses chuchotements. Entre

éveil de sa sexualité et peur de la mort, c’est woodstock qui s’invite à Olympe. La

mythologie grecque prend des allures de concert rock.

Et le titre Antigone’s not dead, sonne comme un nom de groupe de rock.

Jusqu’où ira Antigone pour sortir de son tombeau ?

 

La place du public

 

Antigone est seule face à son destin tragique. Et le texte de Sophocle date de 442

av JC. Mais Antigone est clowne, et pour devenir héroïne, elle a besoin d’un choeur

tragique. Ca tombe bien, le public est là.

Antigone’s not dead se conjugue au présent, ici et maintenant.

Ainsi exposée aux yeux du public, Antigone explore toutes les relations qu’elle

aimerait avoir. Le public devient tour à tour pleureuses, confidents, gardes, témoins,

voyeurs, amants potentiels, compagnons d’infortune ou personnages de son histoire.

 

 

Antigone 6photo Olivier Parcollet

 

 

 

Antigone 7

Adèll Nodé-Langlois

Clowne, metteure en scène, et pédagogue

 

 

 

 

Elle a d’abord pratiqué la danse, puis le trapèze ballant (Ecole de Cirque de Montréal, Canada) et le jeu d’acteur physique.

Elle a été trapèziste pendant treize ans, a co-fondé le Cirque Pochéros. Elle a participé aux quatre créations et aux tournées nationales et internationales (Cambodge, Australie etc..) avec caravanes et chapiteau. Elle a également travaillé avec Les Arts Sauts et le Cirque Plume.

 

Puis, enrichie de ce parcours, elle est devenue clowne. Elle a créé « Antigone, monologue clownesque », qu’elle a joué dans de nombreux théâtres en France, mais aussi à Lisbonne et Helsinki. D’autres pièces de clown ont suivi : « Carnets d’une voleuse » et « La Fascination du Désastre ». Elle a été artiste associée au Manège de Reims, scène nationale, entre 2008 et 2014.

En 2015, elle fait partie de « Projets Penthésilée » de Catherine Boskowitz.

Elle donne des stages au Centre National des Arts du Cirque pour la formation professionnelle de clowns, et à l’école de clowns du Samovar à Bagnolet (93).

Elle est membre du conseil d’administration du Château de Monthelon (89), lieu de fabrication artistique.

 

Elle accompagne, par la mise en scène et l’écriture, plusieurs clowns dans leur création : « Les Botanimenteurs » Cirque Végétal, « l’envol de la Fourmi » et «Le bout du fil » Cie Au Fil du Vent, « Fou Cheval » et « Bottom » de la cie «  Cie Cahin-Caha.

En 2017, elle réalise un « Sujet à vif » avec l’auteur congolais, Julien Mabiala Bissila, pour le Festival d’Avignon : « Rire Pare-balles »

 

 

Delphine lanson

Delphine Lanson

Comédienne, metteure en scène et réalisatrice

 

 

 

 

Elle cherche depuis toujours un équilibre entre différentes disciplines artistiques. Elle revendique la complémentarité des arts au service d’une créativité commune et engage activement des démarches de recherche dans ce sens avec des circassiens, des cinéastes, des auteurs et des acteurs.

 

Elle est diplômée de la L.I.S.A (London and International School of Acting). Depuis, elle mène de front une carrière de comédienne, d’auteur et de metteur en scène.

Au théâtre et au cinéma, elle joue dans des registres allant de Shakespeare au film de genre d’espionnage, en Angleterre, aux Etats-Unis et en France. Elle joue notamment aux côtés de Michael Lonsdale, Denis Lavant, Matt Damon, Miou Miou, Kevin Kline, Dame Maggie Smith

De 1990 à 1994, elle est l’assistante d’ Israël Horovitz en France et traduit ses pièces en français.

 

En tant qu’auteur, elle créé Loup y es-tu ? , une comédie musicale qu’elle écrit et met en scène. Elle écrit Le Banc et participe à de nombreux projets alternatifs d’écriture et de créations (scénarios, conseillère dramaturge, création du

collectif Le Club, …). Depuis 2002, elle se porte vers les arts du cirque et collabore régulièrement avec la compagnie Anomalie et le collectif AOC avec lequel elle met en scène Gaétan Lévèque pour son solo Je suis un sauvage et réalise la dramaturgie du spectacle Les larmes de Bristlecone pour la compagnie Anomalie.

 

En tant que réalisatrice, elle réalise des courts métrages de fiction Décroche ! ; Un matin d’Alouha ; C’est dimanche. Ainsi que des documentaires Portraits de femme, Naître père.

 

Depuis 2002, elle collabore intensément avec Jean-Benoît Mollet de Anomalie sur le développement d’un projet de long métrage essentiellement interprété par des artistes de cirque.

 

Elle enseigne régulièrement, anime des stages destinés aux professionnels et aux amateurs en Angleterre et en France notamment à Sciences Po.

 

 

 

 Michael Santos

Créateur sonore

                 

 

Percussionniste et vocaliste, il aime puiser dans les répertoires traditionnels, dans les nouvelles technologies (MAO, samplers, effets…) et dans les musiques improvisées pour enrichir son univers musical et créer ainsi sa propre « musique traditionnelle ».

 

 

La voix à une place importante dans ses explorations, que se soient en terme d’apprentissage et d’oralité mais aussi dans ce qu’elle propose de musical et de ludique (percussions vocales, onomatopées, beatboxing…)

 

 

A l’âge de 16 ans, il commence à jouer de la batterie, dans des groupe de punk, rock alternatif et hardcore. Après avoir suivi des cours au Conservatoire de Dijon (Jazz’On en 1998 en batterie et contrebasse classique en 1999), il se dirige vers les percussions orientales en Zarb puis vers les tablas à l’ENM de Villeurbanne de 2000 à 2002). Après un stage en Inde (Kousic Sen) et en Italie (Shanka Chatterjee), il suivra des cours pendant 6 ans auprès de Pandit Shankar Gosh à Chatillon sur Chalaronne (2003 à 2009).

 

 

Il joue au sein de diverses formations musicales tel que Chunky Fix (enregistrement de 2 CD et tournée 1997-1999), La Rosa (musique médiévale 2001-2002),  L’Epicerie Quartet (1 CD et tournée. 2003-2007), Katadhene (solo et performance vocale. 2008), Corpus Voxum (Duo avec Christine Bertocchi)

 

 

Depuis 2000 il travaille avec la Compagnie Théâtre de l’Eclaircie. 

 

Il fonde en 2003 la Compagnie Tintinabule, avec laquelle il développe un travail spécifique autour de la voix. Il continue de s’entourer de musiciens improvisateurs, comédiens, plasticiens, dans l’élaboration de spectacles protéiformes.

 

 

 

Spectaclographie de la clowne Antigone

 

Antigone 8

 

2007   Antigone, monologue clownesque

créé en mars au Manège, scène nationale de Reims. Cie Atelier 29

De et par Adèll Nodé-Langlois, mise en scène Sophie Buis

 

2010   Carnets d’une voleuse    à toi, cher Jean Genet

Avec Mayeul Loisel (violoniste) et Adèll Nodé-Langlois. Cie Atelier 29

 

2013   La Fascination du Désastre   Trois clowns au fond du gouffre

Avec Alexandre Demay, Estelle Beugin et Adèll Nodé-Langlois.

Cie Atelier 29. Mise en scène Alberto Garcia Sanchez

 

2014   Un bruissement d’elle   Autobiographie d’une femme-clowne

De et par Adèll Nodé-Langlois. Cie Atelier 29

 

2015   Projet Penthésilée   d’après Penthésilée de Heinrich von Kleist

Une création de Catherine Boskowitz, Cie ABC.

Avec Nadège Prugnard, Lamine Diarra, Marcel Mankita, Nanténé Traoré,

Simon Mauclair, Fatima Tchombiano et Adèll Nodé-Langlois

 

2016   Circus sessions   à Toronto (Canada) au Harbour Front Theater, mise en scène

de 12 artistes de cirque et jeu dans le spectacle. Cie Femmes de Feu

 

2017   J’ai planté des clowns dans mon jardin

promenade clownesque et vivifiante dans des jardins à explorer

Avec Alexandre Demay, Daniel Gulko, Leïla Molinet et Adèll Nodé-langlois.

Cie Atelier 29

 

et   Le Rire Pare-Balles   sujet à vif SACD / Festival d’Avignon

De et par Julien Mabiala Bissila et Adèll Nodé-Langlois. Cie Atelier 29

 

 

La presse en parle

 

Des clowns au bord de l’implosion

Les nouveaux clowns

 

Antigone 9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Jean-Pierre Estournet

 

 

Les clowns des années deux mille ont pour nom Boudu, Ludor Citrik, Jackie Star ou

encore Antigone. Tous singuliers, avec ou sans nez rouge, ces personnages appartiennent à

la même famille recomposée, celle des êtres hors de toute normes, qui jouent avec la souffrance,

la folie et la mort, tout en trimbalant une imparable pulsion de vie.

Depuis quelques années, on voit s’épanouir sur les planches une nouvelle tribu de clowns, tragiques,

organiques, corrosifs. Enfants sauvages du clown élisabéthain et de l’auguste de piste, ces

personnages détonants échappent à toute étiquette. (…) Ces êtres insaisissables qui « échappent

à toute nomenclature » sont chacun le fruit d’un engagement personnel total.

Les personnages créés par Cédric Paga ou Charlotte Saliou, par Bonaventure Gacon ou Adèll

Nodé- Langlois sont uniques. Ils sont comme des masques faits de chair et d’énergie, sculptés

avec le temps par celui qui le porte, et en perpétuel mouvement.

Derrière le fard ou le nez rouge, nous assistons à la mise à nu d’un être, en proie à des

pulsions contradictoires, destructrices ou créatrices ; à des états d’âmes complexes, dérisoires

ou existentiels, qui agitent tout le corps. Car ces clowns de la nouvelle génération accordent

dans leur partition une place centrale au langage corporel. Leurs corps, exubérants ou massifs,

souvent frénétiques, sont comme une fenêtre grande ouverte sur la conscience des personnages.

(…) Et des bêtes comiques avec ça, car leur appétit pour le public est bel et bien là. Le rire s’empare

de nous par surprise et nous fait entrer dans un cercle d’humanité, car rire de ces individus

grotesques, fragiles ou simplement bêtes, c’est finalement accepter de nous regarder nousmême.

Autant le dire, ce rire est à mille lieux du rire cynique et conformiste déclenché

par les comiques cathodiques. Comme les tricksters des contes, ces sorciers archaïques à

la fois idiots et géniaux, puissants et maladroits, reliés aux racines du monde et de l’enfance, ces

clowns d’aujourd’hui perturbent nos repères. Avec eux, laideur et beauté, jubilation et tragique,

vie et mort cohabitent en un seul point.

Avec Antigone d’Adèll Nodé-Langlois -l’une des dernières nées : elle est apparue sur les

planches en 2007-, nous sommes au coeur du tragique, sur le fil entre la vie et la

mort. C’est d’un enterrement qu’il s’agit : Antigone, nez écarlate, cheveux hirsutes et regard

poignant, procède aux rituels de mise pour inhumer Polynice. Elle peut repeindre la vie en

blanc et jouer une mélodie sur son bandonéon, elle sait que tout est joué d’avance : au bout

de son destin maudit il n’y a que la mort. Mais le clown n’habite que le présent. Alors, au

centre du cercle de terre, avec toute la vie possible, les doigts dans la matière organique, elle

embellit la mort, et danse sur sa propre tombe. Le rire nous traverse, mais ce que l’on retient

c’est sa lucidité brûlante et sa sensibilité à vif qui lui donne épaisseur humaine qui noue la

gorge. (…)

 

Naly Gérard - Mouvement.net - 13/03/2008

 

 

 

Programmer des clowns corrosifs

 

Diane Galbaud

La Scène

Automne 2008

n° 50

 

Antigone 10

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Loin des représentations traditionnelles, des clowns s’imposent aujourd’hui en étant audacieux, parfois trash,

souvent irrévérencieux.

Finis les chaussures difformes et les gags éculés. Iconoclastes, hors normes, avec ou sans nez

rouge, ils renouent avec l’essence de leur art ; exprimer les pulsions contradictoires, destructrices et créatrices,

propres à chaque homme, en pulvérisant les conventions assimiliées depuis l’enfance. À travers eux, c’est nous

mêmes que nous observons, nos vacillements, entre force et fragilité, joie et tragédies... Certains se distinguent par

leur noirceur, comme le Boudu (Bonaventure Gacon) ou encore Ludor Citrik (Cédric Paga). Des personnages corrosifs,

«trash», qui s’attaquent aux drames existentiels : la souffrance, la cruauté, la mort... Beaucoup nous renvoient de

la férocité. «Je suis persuadé que derrière chaque humain, il y a un monstre, analyse Franck Dinet, fondateur et

directeur du Samovar, théâtre et école pour les clowns, les burlesques et les excentriques. Le clown permet de faire

ressentir cela». Une violence à l’image de notre société, un miroir qui réfléchit son âpreté.

Pour cette nouvelle génération, plus question de jouer les bouche-trous durant dix minutes entre deux numéros

de cirque. Ces clowns investissent les plateaux et présentent des spectacles plus longs. À la différence de leurs

aînés, souvent d’anciens acrobates, ils proviennent davantage du théâtre que des arts du cirque. Franck Dinet

remarque : « En s’orientant vers le clown, c’est la liberté absolue que ces comédiens recherchent. Mais elle est difficile

à prendre, il faut mettre à jour tout ce qui est caché en soi». Phénomène inédit, les femmes sont de plus en plus

nombreuses à endosser un rôle traditionnellement dévolu aux hommes, telles Charlotte Saliou, Janie Follet ou

encore Adèll Nodé-Langlois... Loin d’incarner des personnages asexués, elles se jouent des archétypes de la

féminité.

À ceux qui prédisaient le déclin de l’art clownesque, cette génération prouve le contraire. Paradoxalement, les

formations spécialisées semblent rares. Pourtant, cet art requiert des efforts acharnés.

Avant d’exposer «son clown» – son double brut, le chemin rest ardu.

 

DIANE GALBAUD

 

Condamnée à mort pour avoir enterré son frère Polynice, Antigone est vêtue de noir, mais sa chevelure

hérissée et son nez rouge détonnent...

Adèll Nodé-Langlois, du Cirque Pochéros, s’empare du personnage dans un monologue savoureux,

où s’enchevêtrent poésie et humour noir. Les funérailles deviennent un grand carnaval échevelé,

à coup de peinture, de cheval de cirque et de chocolat. Adèll Nodé- Langlois a créé ce spectacle en 2007

au Manège de Reims. Depuis, avec un cercueil et un nez rouge, elle sillonne les routes des théâtres et

des festivals...

 

 

 

Mouvement.net

publié le 19 juil. 2017

Le Rire Par-Balles de Julien Mabiala Bissila et Adèll Nodé-Langlois

 

Antigone 11                                © Christophe Raynaud de Lage

 

 

Rencontres à vif

Qu’ est-ce qu’une rencontre artistique ? Les Sujets à vif organisés par la SACD au festival d’Avignon

posent la question en acte, pour le meilleur et pour le pire.

Par Aïnhoa Jean-Calmettes

 

 

Adèll Nodé-Langlois aka Antigone et l’auteur et comédien Julien Mabiala Bissila mettent rapidement

en place un scénario simple et nous voici catapultés dans une « soirée bénéfice » en faveur

d’un Centre de formation d’acteurs au Congo-Brazzaville, le CEFRAD. La rencontre est ici une

savante collaboration entre deux artistes qui apportent leurs savoir-faire et les mettent au service

d’un projet commun. Le rire pare-balles traverse tous les registres de rire, et passe en revue toutes

les facettes du néocolonialisme : la vampirisation des firmes transnationales, la françafrique

(« Elle est sympa, je l’ai lu dans le Poulet enchaîné »), le cliché du concert de rock humanitaire,

les liens ambigus entre charité et culpabilisation chrétienne, la folklorisation des artistes « originaires

d’Afrique » et l’hypocrisie de la bonne conscience des milieux culturels. Avec beaucoup

d’habilité et de justesse, les deux artistes concoctent une petite forme férocement politique qui

réussit le tour de force de se farcir tous les clichés sans jamais tomber dans les poncifs.

 

 

 

Calendrier de résidences

 

12 semaines de création

 

Résidences en 2017 / 2018

20 au 25 mars 2017 au Château de Monthelon (89)

25 au 30 septembre 2017 au Château de Monthelon (89)

30 octobre au 5 novembre 2017 au Théâtre Mansart à Dijon

26 au 31 décembre 2017 au Samovar à Bagnolet

 

Résidences en 2018

22 au 28 janvier 2018 au Théâtre Mansart à Dijon

30 avril au 6 mai à la Fabrique

21 au 26 mai au Chateau de Monthelon

11 au 24 juin à l'Eté de Vaour

 

 

Partenaires

Le Château de Monthelon, le Théâtre Mansart et Cirqu’onflex à Dijon, L’Arc Scène

nationale du Creusot, Le Samovar, l’Été de Vaour, La Fabrique (71), La Quincaillerie

(21). Et ceux qui nous rejoindront bientôt.

 

Soutien  en cours de demande 

DRAC Bourgogne/Franche Comté, Conseil régional de Bourgogne, Le Prato, La Cascade,

l’Agora-Boulazac, Archaos, le Théâtre d’Auxerre, l’espace Catastrophe à Bruxelles.

 

Antigone 12                            photo Olivier Parcollet 

 

 

  Cie Atelier 29 / Adèll Nodé-Langlois

 

Direction artistique : Adèll Nodé-Langlois

adellnodelanglois@yahoo.fr          07 60 70 75 54

 

Administration : Marie Munch

mariemunch@noos .fr                  06 07 79 75 57

Zone de texte:   Cie Atelier 29 / Adèll Nodé-Langlois

Direction artistique : Adèll Nodé-Langlois
adellnodelanglois@yahoo.fr
07 60 70 75 54

Administration : Marie Munch 
mariemunch@noos .fr
06 07 79 75 57

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